Le psychisme en Médecine traditionnelle chinoise

Parce que le corps est le premier support à l'expression d'un symptôme

             Contrairement à la médecine occidentale, la médecine traditionnelle chinoise ne dissocie pas le psychique (pensée, émotion, humeur) du somatique (le corps). Lorsque la dimension psychique devient le point de départ ou l’objectif central du traitement, on parle de Xin Li, c’est-à-dire de psychologie traditionnelle chinoise.

            Les troubles psychiques sont alors envisagés comme l’expression d’un dérèglement énergétique, intimement lié à toutes les autres fonctions de l’organisme. Chaque grand système physiologique – Respiration, Digestion, Circulation, Reins, Foie, Cœur… – est également une composante du psychisme. Cette approche, différente de la psychologie occidentale, ouvre d’autres voies de compréhension, centrées sur l’harmonie interne.

            Parce que la médecine chinoise est avant tout préventive, son approche de la psychothérapie cherche à créer les conditions de l’équilibre par une hygiène de vie quotidienne, plutôt que de combattre uniquement les symptômes. Néanmoins, elle dispose aussi de remèdes puissants pour corriger les déséquilibres, souvent liés à une perturbation de la circulation de l’énergie.

           Le traitement chinois peut être complémentaire d’une psychothérapie ou d’un suivi médical conventionnel.

           La psychologie occupe une place centrale en médecine chinoise car elle est considérée comme un facteur clé de toute maladie. L’observation des troubles se fait selon une logique inspirée par la nature : équilibre/déséquilibre, cycles, interactions, adaptation. On porte attention :

  • au mouvement de l’énergie : la fluidité, les excès, la faiblesse ;
  • aux relations entre émotions et fonctions physiologiques ;
  • aux cycles (notamment celui des Cinq éléments) ;
  • à l’environnement (climatique, social, relationnel) ;
  • à la complémentarité Yin-Yang.

De ce point de vue, ce que nous appelons en Occident un trouble psychique (anxiété, dépression, agitation, ruminations…) devient, dans la pensée chinoise, un dérèglement de la circulation énergétique impliquant l’individu dans sa globalité.

Eric Sionneau insiste sur plusieurs points essentiels :

1. Les émotions ne sont pas la cause : elles révèlent un déséquilibre

En médecine chinoise, la colère, la peur, la tristesse, la rumination ou la joie excessive expriment une altération de l’équilibre interne. Elles contribuent ensuite à maintenir le trouble, créant une boucle comparable aux mécanismes psychiques décrits en psychologie occidentale.

2. Pas d’inconscient individuel comme en Occident

Alors que la psychologie occidentale explore les causes internes, souvent inconscientes, la psychologie chinoise privilégie l’idée d’une perte d’harmonie avec soi, avec l’environnement et avec les cycles naturels.

3. “Harmonie”, “relation”, “écologie interne”, “circulation”

Ces notions sont au cœur de la clinique chinoise. Un trouble psychique n’est jamais isolé : il reflète une relation ou un mouvement interne qui ne circule plus comme il le devrait.

4. Traiter en MTC revient à restaurer le mouvement ou la libre circulation.

En médecine chinoise, on parle d’abord santé avant de parler maladie. La priorité est de recréer les conditions de l’équilibre par une attention quotidienne à :

  • l’alimentation,
  • la respiration,
  • le sommeil,
  • les rythmes de vie,
  • les activités physiques et mentales,
  • le renforcement progressif des défenses,
  • les attitudes mentales souples et réalistes.

 

Équilibre dynamique

Il ne s’agit pas de trouver un état fixe, mais de restaurer une dynamique saine, comparable à celle de la nature. Les émotions fonctionnent elles aussi selon des cycles : certaines nourrissent d’autres, certaines les régulent. La thérapie s’appuie sur ces interactions.

Formulation simplifiée (remplacement de la partie supprimée)

Dans une vision accessible au plus grand nombre, la médecine chinoise considère que les troubles psychiques apparaissent souvent lorsque l’énergie “circule moins bien”, un peu comme un système qui se bloque sous l’effet du stress ou de l’accumulation d’émotions.

Outils thérapeutiques

Le traitement fait appel :

  • à la diététique,
  • à la phytothérapie,
  • à l’acupuncture,
  • au massage,
  • à l’accupression,
  • au qi gong,
  • à des techniques respiratoires et de relaxation.

En séance de psychothérapie, certaines pratiques simples (respiration, points d’accupression, travail sur la posture) peuvent déjà faciliter la libération d’une énergie bloquée.

Mais surtout, l’entretien lui-même – par son cadre, sa parole et les prises de conscience qu’il favorise – permet de relancer une circulation souvent entravée par la méconnaissance de nos besoins vitaux.

 

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